La Constitution algérienne consacre le principe de non-discrimination basée sur le sexe et requiert que l'État agisse de manière positive afin d'assurer l'égalité en droits et en devoirs de tous les citoyens, hommes ou femmes. En février 2016, la révision constitutionnelle a ajouté un article proclamant que « l'État s'efforce d'atteindre la parité entre hommes et femmes sur le marché du travail » et « encourage la promotion des femmes à des postes de responsabilité dans les institutions publiques et dans le monde des affaires.» Le 10 décembre 2015, le parlement a adopté des amendements au code pénal qui criminalisent spécifiquement certaines formes de violence conjugale. Agresser son conjoint ou son ancien conjoint peut être puni d'une peine allant jusqu’à 20 ans de prison, en fonction des blessures de la victime, et si l'agression a eu pour conséquence la mort de la victime, son auteur est passible de la prison à perpétuité. Ces amendements criminalisent également le harcèlement sexuel dans les lieux publics. Mais malgré l'adoption de la loi, l'Algérie n'a pas encore adopté les mesures législatives complémentaires, telles que des ordres de protection temporaires pour protéger les femmes de nouvelles violences et l'assignation de tâches concrètes aux responsables de l'application des lois pour faire face aux cas de violence conjugale, qui sont nécessaires pour empêcher ce type de violences, porter assistance aux survivantes et poursuivre en justice les auteurs d'infractions. En outre, la loi rend les femmes vulnérables aux menaces de la part de l'auteur des agressions ou de membres de sa famille, car elle comprend une disposition selon laquelle le pardon de la victime met fin aux poursuites. Le Code de la famille algérien demeure discriminatoire envers les femmes, en dépit de l'adoption en 2005 de certains amendements qui ont amélioré leur accès aux procédures de divorce et à la garde des enfants. Une femme adulte a toujours besoin d'un tuteur de sexe masculin pour conclure son contrat de mariage, exigence qui n'est pas imposée aux hommes. Si une femme souhaite divorcer sans le consentement de son mari et sans justification, elle est tenue de rembourser sa dot, ou une somme d'argent équivalente, à son mari en échange du divorce. Ceci pose un problème particulier car le code ne reconnaît pas la propriété maritale, des dispositions qui permettent d'évaluer les contributions non monétaires de la femme au mariage au moment de sa dissolution.